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Étiquette : film

Les éternels de Jia Zhang Ke

J’ai vu le dernier film, Les éternels, de Jia Zhang Ke à sa sortir et je l’attendais avec impatiente comme à chaque sortie de ses film maintenant, surtout depuis A touche of sin avec lequel je m’étais pris une vraie « claque » au cinéma ce jour là.

Avec Les éternels, le réalisateur reprends un peu de tout ses films et leurs codes, comme le contexte social et économique de la Chine contemporaine, le contexte historique et l’histoire sur une longue période (17 ans, le barrage des 3 Gorges) et les régions touchées par les crises économiques notamment le charbon, l’histoire se déroulent également dans des régions revenant souvent Shanxi par exemple, les trois gorges. Un rythme qui se veut  toujours coup de poing, un film qui mêle plusieurs genres, social, drame, beaucoup rythmé aussi par la musique.

Dans ce dernier film, on retrouve comme un mélange de ces précédents films, ce qui peut sembler un peu répétitif avec du déjà ou alors un rappel d’un cinéma propre à ce réalisateur, ce qui fait marque de fabrique, jusqu’au choix de casting avec l’actrice principale toujours excellente (Zhao Tao) rayonnante et à fond dans son rôle qui traverse les années. Malgré quelques longueurs, le film passez assez film je trouve notamment grâce au rythme alternant scènes marquantes et plus posées, pour passer d’une époque à une autre par exemple, le changement de la vie d’un personnage, une séparation, des retrouvailles…

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Les étendues imaginaires de Siew Hua Yeo

Retour sur Les étendues imaginaires, film que j’ai adoré et pourtant je n’avais pas spécialement prévu de le voir, ça aurait été dommage de passer à côté ! Comme j’avais été assez déçue par Un grand voyage vers la nuit, ce genre de film entre rêve et réalité, envoutant, esthétiquement très beau, Les étendues imaginaires laissait entendre qu’il s’agissait du même genre (toujours le problème des bandes annonces qui reprennent souvent les même « codes » et peinent à se démarquer au final!). Bref, ce ne fût pas le cas avec Les étendues imaginaires qui a d’ailleurs reçu le Léopard d’or au dernier festival de Locarno. Finalement ces deux films n’ont pas tant de choses que ça en commun.

J’ai repensé en voyant Les étendues imaginaires au très touchant Ilo Ilo vu quelques années auparavant au cinéma également et qui déjà abordait les thématiques des travailleurs venus des Philippines à Singapour, ici ce sont des travailleurs venus de Chine, du Bangladesh, de Corée … sous payés, retenus comme prisonniers de cette île (leur passeports sont gardés par les employeurs pour les empêcher de s’enfuir), une main d’œuvre bon marché et obéissante pour ces entreprises qui ne cessent d’agrandir l’île. Certains tentent de se faire entendre mais semblent seuls et peu soutenus.

On nous montre une « cité » en plein développement permanent et à une vitesse folle, toujours en chantier, surtout pour une certaines partie de la population qui y vit plus aisée.

On nous montre le monde de la nuit, vivant toujours éveillé, une ville qui ne semble jamais dormir, du bruit partout en continu, l’agressivité de la lumière vive des néons qui éclairent dehors et dans les habitations, provoquant des insomnies même à ceux qui se tuent au travail et sont épuisés, finalement impossible de dormir.

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Leto de Kirill Serebrennikov

Ce n’est pas souvent que j’ai l’occasion de voir un film russe au cinéma et j’aimerais en voir plus d’ailleurs, j’ai découvert LETO ce weekend et j’ai tellement aimé ! J’espère qu’il sortira en dvd, j’espère le revoir.

Je suis surtout allée voir Leto au cinéma parce que le sujet me plaisait, le thème de la musique au cinéma est un sujet que j’affectionne particulièrement, surtout lorsqu’il s’agit de musique rock/punk. L’histoire se déroulant en URSS dans les années 80 fait tout le charme du film. Le film dégage une telle énergie, et pourtant il dégage en même temps une ambiance douce, poétique et nostalgique grâce aux chansons de Viktor, un des personnages principaux. Ce film est rempli d’oppositions, un côté très rythmé face à un côté calme, un côté rebelle face à un côté plus doux et poétique, des scènes majoritairement en noir et blanc pour les moments présents face à quelques scènes en couleur pour les souvenirs filmés par le caméraman qui suit les musiciens tout au long de cette histoire et toujours cette jeunesse qui tente de s’exprimer comme elle peut malgré les limites imposées par l’état (l’exemple de la salle de rock avec un public assis et quasi statique de façon contrainte face à un groupe de rock chantant dans un langage « familier » qui se retient pour chacun de se lâcher à tout moment, toujours contraint, car aucun débordement toléré). On se retrouve souvent face à des scènes totalement irréelles et imaginaires (la scène dans les bus par exemple) où un personnages entraine le groupe à se lâcher (leur conscience ?) et nous rappelant que cette scène n’a jamais existé (mais ça aurait bien aimé), scènes illustrées souvent par des notes écrites directement sur l’écran. Original et réjouissant, totalement imprévisible, surprenant et souvent drôle. Le film a beau insérer des séquences de rêveries, l’histoire est bel et bien basée sur l’histoire d’un réel chanteur Victor Tsoï (décédé dans un accident de voiture l’âge de 28 ans) et de son groupe Kino.

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