Swallowtail Ageha

Blog créatif, vegan & japonisant

Swallowtail Ageha

Les étendues imaginaires de Siew Hua Yeo

Retour sur Les étendues imaginaires, film que j’ai adoré et pourtant je n’avais pas spécialement prévu de le voir, ça aurait été dommage de passer à côté ! Comme j’avais été assez déçue par Un grand voyage vers la nuit, ce genre de film entre rêve et réalité, envoutant, esthétiquement très beau, Les étendues imaginaires laissait entendre qu’il s’agissait du même genre (toujours le problème des bandes annonces qui reprennent souvent les même « codes » et peinent à se démarquer au final!). Bref, ce ne fût pas le cas avec Les étendues imaginaires qui a d’ailleurs reçu le Léopard d’or au dernier festival de Locarno. Finalement ces deux films n’ont pas tant de choses que ça en commun.

J’ai repensé en voyant Les étendues imaginaires au très touchant Ilo Ilo vu quelques années auparavant au cinéma également et qui déjà abordait les thématiques des travailleurs venus des Philippines à Singapour, ici ce sont des travailleurs venus de Chine, du Bangladesh, de Corée … sous payés, retenus comme prisonniers de cette île (leur passeports sont gardés par les employeurs pour les empêcher de s’enfuir), une main d’œuvre bon marché et obéissante pour ces entreprises qui ne cessent d’agrandir l’île. Certains tentent de se faire entendre mais semblent seuls et peu soutenus.

On nous montre une « cité » en plein développement permanent et à une vitesse folle, toujours en chantier, surtout pour une certaines partie de la population qui y vit plus aisée.

On nous montre le monde de la nuit, vivant toujours éveillé, une ville qui ne semble jamais dormir, du bruit partout en continu, l’agressivité de la lumière vive des néons qui éclairent dehors et dans les habitations, provoquant des insomnies même à ceux qui se tuent au travail et sont épuisés, finalement impossible de dormir.

L’histoire se déroule principalement la nuit, et vue à travers deux personnages, d’un côté un ouvrier qui a disparu et de l’autre un policier à la recherche de cet ouvrier. C’est ce qui fait une des originalités de ce film, avec en plus cette ambiance froide et oppressante qui rend le film hypnotique, ces couleurs froides (les néons), ces personnages tels des zombies ou des robots (le love cyber café tenu par une femme à laquelle les deux personnages seront liés, et qui représente cette envie de fuite et de liberté). On passe d’un personnage à l’autre, on se demande parfois si tout cela est bien réel, si ce ne serait pas le manque de sommeil et l’état d’épuisement qui provoquerait des hallucinations ou un état de rêve éveillé (cauchemar), jusqu’à ce final surprenant qui n’a pas fini de nous faire poser encore plus de questions … Ce film mêle habilement le polar, le fantastique, le drame social.

Quant au casting, parfait, très bonne découverte de l’ensemble des acteurs, actrices.

Voilà donc, j’ai beaucoup aimé ce film dont je n’attendais rien et qui m’a beaucoup surprise et envoutée.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
23 × 16 =