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Catégorie : Critique ciné

Une affaire de famille de Hirokazu Kore-Eda

Le dernier film de Hirokazu Kore-Eda est enfin sorti en salles, je l’attendais avec impatience, celui qui a obtenu la palme d’or au festival de cannes cette année ! Et alors ? oui, oui et oui, ce film mérite tellement cette palme d’or! J’aime beaucoup Kore-Eda, je trouve cependant qu’au fil des années la qualité des films est assez inégale et qu’il ne renouvelle pas beaucoup ce qui peut sembler répétitif hormis pour The Third Murder mais je n’avais pas vraiment accroché à ce changement de registre. Retour aux sources pour Une affaire de famille, comme à l’époque de Nobody Knows, où l’image de la famille japonaise est mise à mal, ce type d’histoire dont on nous parle rarement. Je m’étais habituée au rythme doux et presque contemplatif de ses films mettant en scène parfois des familles recomposées, des secrets de familles, des conflits père-fils, des familles séparées, mais avec Une affaire de famille, on sort de cette douceur pour se retrouver dans un film plus sombre et sérieux, sur un sujet grave et peu abordé dans le cinéma japonais. Au début le film se veut assez « léger », avec des touches d’humour, puis petit à petit le quotidien et la situation de cette « famille » se complique et le ton devient plus grave. Malgré les actes commis par les personnages, on s’y attache au fil de l’histoire. L’histoire de chaque personnage est par ailleurs développée au cours du film en parallèle de l’histoire de cette famille, jusqu’à la dernière partie où on découvre les secrets les plus douloureux en même temps que chacun des membres de cette famille si particulière. On retrouve une fois de plus des personnages « type » du cinéma de Kore-Eda (la grand-mère bienveillante par exemple interprétée par la regrettée Kiki Kirin bien connue dans Les délices de Tokyo). Très bon casting, avec Kiki Kirin bien sûr mais aussi Sakura Ando (Shokuzai, Love exposure) et des jeunes acteurs très justes, comme toujours ! Bref, un retour aux sources réussi pour Kore-Eda, et une palme d’or amplement méritée.

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Leto de Kirill Serebrennikov

Ce n’est pas souvent que j’ai l’occasion de voir un film russe au cinéma et j’aimerais en voir plus d’ailleurs, j’ai découvert LETO ce weekend et j’ai tellement aimé ! J’espère qu’il sortira en dvd, j’espère le revoir.

Je suis surtout allée voir Leto au cinéma parce que le sujet me plaisait, le thème de la musique au cinéma est un sujet que j’affectionne particulièrement, surtout lorsqu’il s’agit de musique rock/punk. L’histoire se déroulant en URSS dans les années 80 fait tout le charme du film. Le film dégage une telle énergie, et pourtant il dégage en même temps une ambiance douce, poétique et nostalgique grâce aux chansons de Viktor, un des personnages principaux. Ce film est rempli d’oppositions, un côté très rythmé face à un côté calme, un côté rebelle face à un côté plus doux et poétique, des scènes majoritairement en noir et blanc pour les moments présents face à quelques scènes en couleur pour les souvenirs filmés par le caméraman qui suit les musiciens tout au long de cette histoire et toujours cette jeunesse qui tente de s’exprimer comme elle peut malgré les limites imposées par l’état (l’exemple de la salle de rock avec un public assis et quasi statique de façon contrainte face à un groupe de rock chantant dans un langage « familier » qui se retient pour chacun de se lâcher à tout moment, toujours contraint, car aucun débordement toléré). On se retrouve souvent face à des scènes totalement irréelles et imaginaires (la scène dans les bus par exemple) où un personnages entraine le groupe à se lâcher (leur conscience ?) et nous rappelant que cette scène n’a jamais existé (mais ça aurait bien aimé), scènes illustrées souvent par des notes écrites directement sur l’écran. Original et réjouissant, totalement imprévisible, surprenant et souvent drôle. Le film a beau insérer des séquences de rêveries, l’histoire est bel et bien basée sur l’histoire d’un réel chanteur Victor Tsoï (décédé dans un accident de voiture l’âge de 28 ans) et de son groupe Kino.

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